Tout le monde en parle. Beaucoup en consomment. La pornographie obsède l’Homme. Voici la deuxième des trois parties de cette enquête / analyse  intitulée « Pornocratia Vulgaris » qui décrypte les codes d’un univers plus pudique et plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord.

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La presse underground « généraliste »

Contrairement aux croyances populaires, la presse dite « undeground » n’a pas commencé dans les années 1960. Dès 1920 aux Etats-Unis, « on observe l’émergence d’une « free press », explique Philippe di Folco. Si la presse underground existe, c’est tout d’abord, et très naturellement, en réaction à une presse plus institutionnelle, plus formatée, et donc aux thématiques plus restreintes et contrôlées. Or, pour que quelque chose soit considérée underground, il faut que les sujets abordés soient de nature transgressive. Depuis que « Dieu est mort » – dans l’esprit de la majorité des gens -, la transgression se situe sous la ceinture ; pour transgresser, il faut donc aborder le thème du sexe. Jusque dans les années 1950 cependant, les revues pornographiques spécialisées demeurent principalement clandestines, et exclusivement centrées sur le sexe – thème qui sera abordé dans la prochaine partie de cet article. Ce n’est qu’à partir des années des années 1950 que les mœurs se libèrent, et permettent enfin à la sexualité de s’afficher plus librement dans les pages de magazines pas exclusivement dédiés à la pornographie. En France, il faut attendre 1970 et Jean-François Bizot pour que le magazine Actuel – existant déjà depuis quelques années mais de manière relativement confidentielle – fasse de la contre culture un mode de pensée, bientôt adopté par une partie non négligeable de la jeunesse de l’époque. En couverture du numéro 7 d’Actuel datant d’avril 1971, on évoquait la révolution pour le plaisir, sur fond de « gauchisme ». Profitant du courant de liberté généré à cette époque par l’émergence d’une volonté de la jeunesse de « changer les choses » et de « casser les interdits », Actuel relaye régulièrement dans ses pages l’actualité du monde le la pornographie, à l’époque en plein essor. La une du numéro 44/45 (juillet – août 1974) du magazine montre, par exemple, un sexe féminin en gros plan, tout juste caché par une toison pubienne abondante – de rigueur à l’époque. Tiré à 90 000 exemplaires, ce même numéro est d’ailleurs intitulé « Spécial Cochon. » L’image est obscène, il n’y a aucun doute. Et la quatrième de couverture est du même acabit : elle est illustrée par une bande dessinée humoristique représentant un vieux monsieur léchant un cornet de glace deux boules, et une petite fille lui demandant sa glace. La dernière vignette de cette petite histoire illustrée incarne, à elle seule, tout l’esprit de l’époque : le vieillard fini par lécher les deux boules de glace sur le cadavre de la petite fille morte, le cornet planté dans le bas-ventre de cette dernière. La mort et le sexe, les deux objets ultimes de la transgression sont donc représentés, presque explicitement. Aujourd’hui, de tels dessins seraient certainement très mal perçus par l’opinion publique, mais pour la comprendre, il faut abandonner ses préjugés moraux et recontextualiser l’époque. « Le principal changement concernant l’évolution des tabous ne concerne pas la pornographie, qui s’est banalisée, mais bien tout ce qui concerne la pédophilie et l’inceste », rappelle Janine Mossuz-Lavau, qui, pour étayer cette affirmation, poursuit en expliquant que « dans les années 1970, il y a eu un grand nombre d’intellectuels – les plus grands esprits de l’époque – qui ont signé une pétition pour demander la libération d’hommes qui avaient été placés en détention pour des faits relevant de la pédophilie, entre autres » (Pétitions françaises contre la majorité sexuelle signées entre 1977 et 1979). La première de ces pétitions fut signée par – pour ne citer qu’eux – : Alain Robbe-Grillet, André Glucksmann, Guy Hocquenghem, Jacques Derrida, Jean Danet, Jean-Paul Sartre, Louis Althusser, Michel Foucault, Philippe Sollers, Roland Barthes, Simone de Beauvoir et Jack Lang. Cette pétition fut ensuite suivit de nombreuses lettres ouvertes publiées dans les plus grands journaux français, tels que le Monde ou Libération – Dans Libé, soixante-trois intellectuels et politiques soutiennent Gérard R. qui vivait avec des jeunes filles de 6 à 12 ans « dont l’air épanoui montre aux yeux de tous, y compris leurs parents, le bonheur qu’elles trouvent en lui. »9 À cette époque, la bande dessinée est fréquemment utilisée dans la presse émergente et underground, comme dans l’Echos des Savanes, magazine à la base exclusivement dédié à la « bédé » mais qui, au fil du temps, a évolué vers quelque chose de plus généraliste.

Dans le premier Almanach d’Actuel, paru en 1978, on trouve une double page consacrée aux gros seins – objets de fantasme, en partie grâce à Howard Hugues ou Russ Meyer, qui, abondamment, utilisèrent dans leurs films des femmes aux poitrines très généreuses. Selon Actuel, ce serait d’ailleurs l’actrice Jane Russel qui lança la mode des gros seins, alors qu’en Europe, Sophia Loren devenait le nouveau canon de beauté de référence. Grâce à cette presse considérée comme underground, mais tout de même généraliste – Actuel abordait tous les thèmes, de la politique à la culture, de la science au sexe – le sexe sort progressivement de son ghetto, du moins auprès de la jeune génération. Mais rapidement, la jeunesse se chercha de nouveaux modes de vie plus violent, plus « punk », moins planant, et plus ancrés dans la réalité. Les drogues dures ont remplacés le cannabis et les champignons hallucinogènes et, en pleine période punk (1970-1978)10, l’amour libre fut très vite oublié, au profit d’une sexualité plus violente, et peut-être aussi paradoxalement plus en phase avec la réalité. Alors que sous Valéry Giscard d’Estaing, la pornographie fut censurée (1975) à cause de l’ampleur qu’elle prenait, l’élection de François Mitterrand (1981), libéra les derniers tabous sociétaux, notamment suite à la dépénalisation de l’homosexualité (le 4 août 1982). A la fin des années 1970, la pornographie ayant été replongée dans le ghetto duquel elle provenait, on parlait alors de « porno chic » ; un thème abondamment utilisé dans la publicité par exemple, notamment à partir des années 1990. A partir de la fin des années 1970, la vague porno s’épuise clairement, et même les publications underground généralistes abandonnent cette thématique : le porno n’est plus quelque chose de transgressif. Comme souvent, cette « free press » fut la première à s’intéresser à une thématique, mais aussitôt la démocratisation accomplie, fût aussi la première à la délaisser.

Portrait Of Al Goldstein

La presse porno (spécialisée)

Comme il est plusieurs fois expliqué précédemment, les revues pornographiques existent depuis très longtemps, même si, comme l’écrit Jean-Laurent Poli dans le « Dictionnaire de la Pornographie », « il serait arbitraire d’attribuer un acte et une année de naissance à une presse qualifiée de pornographique et qui se reconnaîtrait comme telle tant chaque époque a estimé pornographiques des revues qui le paraîtraient aujourd’hui bien peu. ». Autrefois exclusivement clandestines, il semble plus judicieux, quand on aborde le sujet en se focalisant uniquement sur une période antécédente, de parler de revues pornographiques que de journaux pornographiques, le domaine du sexe ayant été pendant des siècles condamné à demeurer secret. Pour trouver les premières traces de publication organisées – Chroniques de Nuremberg mises à part -, il faut remonter au XIXe siècle. A cette époque, en France, sont inventées et popularisées l’héliogravure et la photographie. Ces revues font le bonheur des militaires en garnison, qui, loin de leur(s) femme(s), n’ont que ces images pour assouvir leurs besoins en matière d’imaginaire sexuel. Selon le Dictionnaire de la Pornographie, les pages ces revues mettent en scène des jeunes filles « légères » dans des poses « coquines » souvent avec de vieux messieurs lubriques. De ces petites revues, en voici quelques unes, dont Sans-Gêne, Paris Plaisir, Belle Epoque, Bagatelle, et, plus spécialement conçues pour les soldats, La Vie de garnison et Le Régiment. Ces petites feuilles coquines rencontrent un véritable succès, au point qu’outre-Atlantique, la « belle femme standard » sera définie par la « pin-up ». A l’époque, l’accent est également mis sur le côté artistiques de ces clichés osés, grâce à des artistes comme Charles Dana ou Alberto Vargas – qu’on peut comparer aujourd’hui à des photographes comme Larry Clark ou Terry Richardson. Dans de nombreux ouvrages, dès les années 1930, « des centaines de revues clandestines circulent sous le manteau » ; mais la presse pornographique ne connaitra son véritable essor qu’à partir de 1953, date à laquelle est lancé le mythique Playboy, par le très charismatique Hugh Heffner. Et la démocratisation, c’est une augmentation du tirage… Dès la sortie du premier numéro, plus de 51 000 exemplaires sont écoulés en quelques jours. Le magazine ne cessera pas ensuite de croître, atteignant plus de 9,5 millions d’exemplaires vendus chaque mois dans les années 1970. Ainsi, même si Playboy n’est pas une revue pornographique au sens propre du terme mais plutôt de « l‘érotisme outrancier », il est utile de replacer la publication dans son contexte originel. A l’époque, c’était pornographique ! Au début, Marylin Monroe apparaît nue, de profil : le sexe est plus suggéré que montré. Mais rapidement, au rythme de la libération sexuelle, les bikinis tombent et les seins et autres toisons pubiennes s’affichent systématiquement dans chaque numéro. La « playmate » devient une star. Avec Larry Flynt et Hustler, l’icône du « Porn Business », le sexe prend ensuite une autre ampleur. En 1975, Flynt publie des photos de Jacqueline Kennedy Onassis nue. Grâce à cela, il devient millionnaire en quelques jours : Hustler est lancé pour de bon. Aujourd’hui, son entreprise réalise toujours un chiffre d’affaire supérieur à 150 millions de dollars par an, faisant de lui l’un des « rois » de la pornographie. Cependant, quand on évoque Flynt, il est aussi nécessaire d’évoquer l’attentat dont il a été victime le 6 mars 1978, qui le laissa paraplégique. En 1976 déjà, la justice l’avait condamné en première instance à sept années de prison ; preuve qu’au pays du porno, les conservateurs sont légions, et ce parmi toutes les couches sociales de la population, de la justice au simple citoyen déséquilibré. Et puis, il a aussi bien sûr eu le mythique Screw, hebdomadaire fondé par Al Goldstein, qui connut un immense succès planétaire (plus de 550 000 exemplaires vendus chaque semaine) dans les années 1970 – 1980. Parmi les pornographes provocateurs, Goldstein fut le plus grand, bien qu’il soit aujourd’hui inconnu du grand public, qui retient plus facilement les noms de Flynt et de Heffner. Goldstein ne s’est pas contenté de montrer du sexe ou des corps nus ; il mettait en scène, chaque semaine dans son journal distribué de Los Angeles à Amsterdam, tous les tabous. Le numéro du 26 septembre 1977 consacre par exemple sa une et un dossier central au fétichisme des pieds, alors que celui du 7 juin de la même année s’intéresse quant à lui aux femmes enceintes dans le porno, avec des images on ne peut plus explicites !. Quelques années auparavant, il avait même choisi pour thématique l’inceste en images, ce qui, de nos jours, serait probablement lourdement condamné par la Justice et par l’opinion publique toute entière.

En France, c’est Daniel Filipachi et Franck Ténot qui, les premiers, se sont lancés dans l’aventure de la presse osée destinée au grand public en créant Lui. Comme Playboy, Lui fait plutôt dans la pornographie soft, voir l’érotisme. A l’époque, en Europe, la presse « hard » à l’image de Screw provient plutôt des pays scandinaves, de l’Allemagne et des Pays-Bas, où la réglementation en matière d’obscénité y est moins restrictive qu’en France. Sur fond de « libération sexuelle reichienne » post Mai 68 se développent ensuite des revues au sujet de l’échangisme, tels que les magazines Swing, Elle et Lui ou Union, par exemple. Puis, en 1989, Franck Vardon, Fabrice Castel et Eric Vincent fondent Hot Vidéo, le magazine du porno par excellence. Pierre Woodman, qui fut l’un des premiers photographe et journaliste de cette revue raconte les débuts de l’aventure « hot » :  « Au début, je n’étais que photographe de mode et je ne pensais absolument pas qu’un jour, je travaillerai dans le porno. Avec Hot Vidéo, j’ai découvert les coulisses du monde du X, j’ai voyagé partout dans le monde, et surtout j’ai rencontré les gens de ce milieu, que j’ai tout de suite trouvé très sympas, bien plus que ceux du cinéma traditionnel, qui sont tous des ordures, comme dans la mode. A l’époque dans la mode, les filles pouvaient commencer le métier de mannequin dès l’âge de 12 ans, et j’ai vu des choses assez dégueulasses ; certains faisaient boire ces gamines, leur filaient de la coke, tout ça pour les niquer. C’était abominable. » La paradoxe est donc là : le porno ne fait que montrer ce que finalement, tout le monde a en soit, c’est-à-dire cette part d’ombre assez malsaine plus ou moins bien dissimulés, selon les individus. Et comme souvent, le sexe fait recette, puisqu’il concerne tout le monde : pendant plus de dix années, Hot Vidéo a été diffusé très massivement ( plus de 120 000 exemplaires).

L’offre kiosque en France comprend plus de deux-cents titres, que les plus puritains désignent par des termes génériques tels que « presse de charme » ou « presse masculine », comme si les hommes n’avaient pas d’autres préoccupations premières que le sexe. Et puis, pourquoi les magazines pornographiques sont-ils presque toujours enveloppés d’un morceau de cellophane – souvent transparent ? Est-ce pour prévenir le lecteur d’un potentiel risque de contamination ? Le débat est ouvert…

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La pornographie et la presse généraliste 

Pendant longtemps, Libération fut le seul grand quotidien français à parler librement de pornographie. Dès les années 1970 et l’âge d’or du porno, Alain Pacadis, reporter de l’underground, usait ses fonds de culotte dans les salles de projection X pour en faire des comptes-rendus très explicites dans les pages « culture du journal11. Mais Libé, c’est l’exception qui confirme la règle, et sans un Pacadis qui n’avait peur de rien, il ne fait aucun doute que le quotidien serait resté nettement « plus sage » dans ses thématiques. Pour que la presse dite généraliste s’intéresse à la pornographie sans systématiquement la condamner – comme le faisait le journaliste François Challais dans sa Lettre ouverte aux pornographes -, il a fallu attendre longtemps. Ce n’est qu’à partir du moment, où, une fois dédiabolisée, la pornographie devenue banale, on commence enfin à parler de « porno chic » ; thème largement utilisé dans la publicité et ayant contribué à « décoincer » les grands médias : ce qui est chic n’est pas vulgaire, et ce qui n’est pas vulgaire est donc montrable. Ce n’est donc qu’à partir des années 1990 que la pornographie a pénétré la presse tous publics et que, réellement, elle a commencé à être considérée comme un sujet de société légitime. Dans son numéro daté du jeudi 7 octobre 1999, le magazine Les Voyages de l’Histoire, consacré sa une à « l’amour et la sexualité ». A l’intérieur, on trouve une succession d’articles au sujet des « amours paysannes », des « perversions du Marquis de Sade », ou encore de « la belle époque pour l’adultère ». Toutes les photos d’illustration sont certes très pudiques, mais déjà, il est possible de percevoir que le sexe n’est plus un problème, même s’il est abordé là sous un angle historique qui lui confère une sorte de respectabilité.

«  Faites votre cinéma XXX ! « , « Silence, on jouit ! », « Guide du top dix des films érotiques », « Les films pornographiques peuvent alimenter votre vie sexuelle ! », « Préparons le pop corn et le lubrifiant ! », « Cours de danse sexy pour booster la séductrice en nous ! », « Fais-moi mal chéri ! « , « Festival de la branlette ! », etc… Tous ses titres ne sont pas tirés d’un site internet diffusant des vidéos pornos, mais simplement du magazine FA, Femme d’aujourd’hui, un magazine féminin canadien détenu par le plus gros groupe médias du pays, TVA Publication.12 A l’origine sentimentale et superficielle, la presse féminine est devenue nettement plus « sexuelle » ces dernières années, c’est indéniable. Dans un hors série paru en octobre 2001 et intitulé « Le cul mis à nu », le très satyrique Canard Enchaîné consacrait au sexe et à la sexualité plus de quatre-vingt pages d’articles évidemment très documentés. Et le résultat est saisissant : grâce à des jeux de mots habiles, jamais les journalistes du Canard ne tombe dans l’obscénité. L’article « Chaudes devant », tiré de ce même numéro, confirme d’ailleurs la tendance au sujet des magazine féminins comme l’explique Simon Liberati, philosophe et ex rédacteur en chef de Cosmo : « le supplément sexe de l’été permet d’augmenter les ventes de 30 % ». Le constat est sans appel, le sexe, même s’il ne sera jamais une idée nouvelle, fait vendre, plus que n’importe quel autre sujet. Marie Claire, le célèbre magazine, autrefois défenseur du droit des femmes, donne aujourd’hui dans « le sexe divertissement », analyse une journaliste maison. Résultat : les ventes s’effondrent, puisque les lectrices plus âgées ne s’y reconnaissent plus. Il suffit d’ailleurs de regarder le courrier des lecteurs pour comprendre que l’on est pas loin des sujets abordés à la grande époque de Skyrock, où les animateurs distillés des conseils à des jeunes en pleine découverte de leur sexualité – rôle qu’a aujourd’hui repris Brigitte Lahaie sur RMC, bien qu’elle s’adresse à une audience plus large. Malheureusement, le sexe et la pornographie restent des sujets pris à la légère par la plupart des journalistes, qui se trouvent confrontés à une difficultés : « Comment écrire un article sur le sexe à la fois chic et racoleur ? »13 Aujourd’hui, sous couvert d’une élégance circonstancielle et artificielle, tous les grands magazines parlent de sexe. Ainsi, Télérama (17/4/02) peut faire une couverture sur laquelle est inscrit en grosses lettres grasses « SEXE », comme s’il s’agissait d’un scoop ou d’une idée nouvelle… Souvent aussi, plutôt que d’aborder le thème directement, les journalistes choisissent la science comme moyen détourné pour traiter le sujet. « Si un scientifique ou un sociologue affirme quelque chose, c’est certainement que c’est vrai », semble conclurent un peu rapidement une trop grande majorité de journalistes souvent trop autodidactes et pas assez formés pour assumer leurs opinions. L’Express numéro 2726 paru en octobre 2003 confirme cette affirmation, puisque l’hebdomadaire avait cette semaine là choisi de parler de « LA SEXUALITE », via… Marcel Rufo, pédopsychiatre internationalement connu. Par contre, une couverture du magazine VSD était censurée il y a quelques années par la direction de l’AAP, une régie publicitaire filiale des Nouvelles Messageries de la presse parisienne (NMPP) et de TIP/Hachette, au motif qu’elle risquait de choquer le grand public et les enfants. La couverture en question ? Deux hommes, de dos, s’enlaçant, avec pour titre : « Être homo en France. » Christophe Moguerou, le rédacteur en chef de VSD à l’époque expliquait, au sujet de cette affaire :  « On nous a proposé de couvrir par un bandeau les fesses des messieurs, ce qu’on a refusé. »Pourtant, le magazine 20 ANS, dix ans plus tôt, en novembre1995, affichait en couverture une jeune fille sans haut, la poitrine complètement découverte… Dans ce même numéro, un article ô combien moralisateur est mis en avant : » Non, le porno n’est pas glamour. » Par contre, les rédacteurs n’ont eu aucun problème à rédiger, encore une fois dans ce même numéro, un article intitulé : « Les seins siliconés testés par les garçons »…

Une fois par an en moyenne, l’hebdo Les Inrockuptibles leur une au sexe ou à la pornographie et ce, de manière relativement explicite. Dans le numéro 504-505-506 daté de l’été 2005,, le magazine barre lui aussi du mot « SEXE » écrit en gras sa couverture, avec, pour photo d’illustration, un jeune homme et deux jeunes filles aux corps sculptés, allongés dans un lit, visiblement sur le point de consommer leur « amour. » Le triolisme, c’est donc possible, mais pas l’homosexualité, même si elle est de dos.

La culture aussi sert d’alibi pour parler de pornographie ou de sexualité. Dans Le Monde des livres, paru le vendredi 11 novembre 2005, le Dictionnaire de la Pornographie sert la cause de Patrick Kéchichian qui peut ainsi titrer une pleine page : » Penser la pornographie » et l’illustrer avec une paire de fesses. Bref, « la pornographie caractérise un point de vue et non une chose », avançait Steven Marcus. L’affirmation, dans la presse, semble se confirmer…

Si vous avez manqué la première partie : [Partie 1]

Vers la troisième partie : [Partie3]

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9 Michel Foucault (1994). Dits et écrits 1976-1979. Tome III. Paris : Gallimard, p. 766-776 (Chapitre « La loi de la pudeur »)

10 Alain Pacadis (1977) dans son livre « Un Jeune Homme Chic », publié aux éditions du Sagitaire.

11 « Nightclubbing : Articles et chroniques 1973-1986 », par Alain Pacadis publié chez Denoël.

12 « Sexualisation précoce et pornographie », par Richard Poulin, publié aux éditions La Dispute.

13 « L’art du papier « cul » », article paru dans le dossier du Canard Enchaîné « Le cul mis à nu ».

2 Réponses

  1. Pakaji

    J’aime les femmes minces et belles.apprendres à travers les autres des nouvelles expériences séquelles.

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