Un film de Bernardo Bertolucci avec Adriana Asti, Francesco Barilli, Allen Midgette et Morando Morandini. Sortie en version restaurée au cinéma et en DVD, le 11 mars 2015.

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Le pitch

Fabrizio, digne représentant de la haute bourgeoisie de Parme, vient de rompre avec Clelia. Influencé par l’un de ses amis, l’instituteur Cesare, il se laisse tenter par les idées marxistes. Agostino, un jeune homme qui s’est enfui de chez ses parents, recherche l’amitié de Fabrizio. Mais ce dernier ne peut l’héberger, car sa tante, Gina, vient lui rendre visite. Créature névrosée, entourée d’amants, Gina parvient à le séduire…

L’avis

Ce deuxième film de ce très jeune réalisateur qu’était Bertolucci, il n’avait que 23 ans, raconte l’éducation sentimentale et politique de Fabrizio, jeune bourgeois, qui veut s’évader de son monde en militant au PCI. En 1964, ce parti était très important en Italie. Mais son engagement politique comme ses amours sont très ambigüs ; Fabrizio se cherche. « Je croyais vivre les années de la révolution, alors que je vivais les années d’avant la révolution ; pour les gens comme moi, c’est toujours avant la révolution » dit Fabrizio. Cette inquiétude, cette impuissance propre de bourgeois à être marxiste, était celle du réalisateur et d’une certaine jeunesse de l’époque. Cette inquiétude sera semblable à celle que l’on retrouvera en 1968. (Le film à sa sortie à Paris en 68 a eu un vif succès). C’est un film sur la perte des illusions et qui se termine par l’abdication de Fabrizio dans le cocon d’un mariage bourgeois tout ce qu’il y a de plus conventionnel. Bertolucci à cette époque était très influencé par la nouvelle vague et on trouve de nombreuses citations dans sa mise en scène. On discerne dans ce film ce que sera par la suite son style : lyrisme, poésie, liberté totale dans les cadrages au plus près des acteurs, un cinéma non figé par la contrainte d’un découpage précis, le soucis du détail et un esthétisme qui frise le maniérisme. Prima della Rivoluzione  est un poème politique, d’une beauté étonnante, écrit dans une sorte de fébrilité toute juvénile. Bernardo Bertolucci était avec ce film un grand cinéaste en devenir, celui de Le Conformiste, 1900, Le Dernier Tango à Paris….et ne pas oublier la prestation éblouissante d’Adriana Asti, la future femme de Bernardo, dans le rôle de la tante Gina.

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

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