The Wytches, c’est un de ces groupes phares de la scène actuelle sur lesquels je n’ai jamais eu l’occasion / l’envie d’écrire. Originaire de la ville de Peterborough (Angleterre), il fait dans le rock psyché qui est à la mode, cause de l’engouement qui l’entoure (article réalisé et publié en collaboration avec nos amis de Still in Rock).

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Il faut pourtant dire que son deuxième LP, All Your Happy Life, est plutôt bon. Attention toutefois, Heavenly Recordings est de la partie, et l’on sait que si ce label est souvent très bon, il est également le chantre d’un rock sixties parfois peu inventif. Ah oui ?…

Je passe sur l’intro pour que l’on puisse se concentrer directement sur « C-Side ». Ce premier morceau alterne entre rock pre-psyché et pop plus lumineuse, le duo est super efficace. Le son de la guitare est bien nineties – particulièrement sur la fin – ce qui donne à « C-Side » toute son identité. Et puis, Kristian Bell est déjà agressif, immédiatement dedans, voilà qui est de bon augure.

« Can’t Face It » en rajoute une couche, plus nerveux encore que le précédent et en ce sens meilleur même si moins varié. Deux guitares viennent doucement se rapprocher d’un esprit stoner qui fera plaisir aux fans de Fuzz. Une fois encore, Kristian Bell est l’hyper atout du groupe, c’est grâce à lui qu’il se différencie de la scène revival psyché qui semble ne jamais en finir de vouloir copier les Seeds.

« A Feeling We Get » est une sacrée pièce de pop music. Le songwriting est imparable, il n’y a rien d’autre à ajouter. « Throned », pour sa part, est une sorte d’illustration de ce qu’est le groupe en 2016 : une entité à la frontière entre stoner/cimetière et pop plus hippie, un peu comme si Black Sabbath rencontrait Vanilla Fudge dans un gang bang avec les Remains et The Tea Company. Vient alors « Ghost House », ce que le groupe sait faire de plus anglais. C’est un brin too much, c’est un brin pas cool du tout, mais ça passe dans le flow de l’album.

« Bone-Weary » entame le chemin de la face B sur une structure plus classique, mouais. Allons voir ce qu’il se passe du côté de « Crest of Death« . Un brin métaleux, il a pour lui de nous plonger sans plus attendre dans la marmite de la méchante sorcière du rock crasseux. C’est amusant.

 « A Dead Night Again » attaque la dernière ligne droite. Sur la base de quelques accords très pop, il perpétue l’esprit mort-vivant de cet album, comme si les Wytches chantaient une mélodie en s’éloignant de leur tombe. C’est un peu cliché, le titre reprend les vieux codes des années ’90, mais c’est une fois encore plutôt réussi. « Dumb Fill » se la joue ballade écorchée (no thank you) et c’est à « Home » que je reviens la tache toujours difficile de mettre un terme à une expression artistique. The Wytches a définitivement voulu produire une face B plus tendre que la première. Il y est bien moins performant, surtout parce que la voix de Kristian Bell néglige ce qui fait sa force et parce que les morceaux ont été trop vite composés, mais bon.
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Dans l’ensemble, All Your Happy Life est une très belle surprise. Je dis surprise parce que l’on pouvait s’attendre à ce que le groupe imite son premier LP, ce qu’il fait par moment seulement. All Your Happy Life évite les deux principaux écueils dont il aurait pu souffrir, celui du « Night Beat Syndrome » – e.g. produire une musique sixties/psychée/déjà-entendu-1000-fois – et celui de tomber dans un stoner anglais trop démonstratif qui veut absolument nous convaincre que c’est une musique de bad boy.

La Face A (surtout les trois premiers morceaux) est bien meilleure que la seconde où le groupe est plus attendu. On ne saurait toutefois bouder le groupe à l’approche d’Halloween. Certains des premiers titres sont des hits de garage psyché. Je ne doute pas une seconde qu’All Your Happy Life contente les fans du genre. Il ne convertira en revanche peut-être personne, et pour un groupe qui fait dans la sorcellerie, c’est un brin dommage. Je reste convaincu qu’il en eut allait différemment si The Wytches avait joué ses cartes à fond, sans compromis pour groupie en mal d’amour.

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