« Rêves d’Or » ( » La Jaula de Oro »), un film réalisé par Diego Quemada-DiezSortie le 4 décembre 2013. Critique.

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Juan, Sara et Samuel, 15 ans, fuient le Guatemala pour tenter de rejoindre les Etats-Unis. Au cours de leur traversée du Mexique, ils rencontrent Chauk, un indien tzotzil ne parlant pas espagnol et voyageant sans papier. Les adolescents aspirent à un monde meilleur au-delà des frontières mexicaines mais très vite, lors de leur voyage dans des trains de marchandises ou le long des voies de chemin de fer, ils devront affronter une dure et violente réalité.

Un système qui se déclare le chantre de la démocratie et de la liberté.

Filmé entre le Guatemala, le Chiapas ou encore la Californie, ce film suit le périple de ces adolescents comme si nous étions nous aussi des migrants. Il nous fait passer de la poésie à travers des paysages somptueux filmés magnifiquement, à la violence soudaine et insupportable. Ancien assistant de Ken Loach, Diego Quemada-Diez a réalisé ce film comme un documentaire. Ce voyage représente six ans d’investigations auprès de centaines de migrants. Il a fait lui-même trois fois le voyage. Avec sa caméra au plus près des personnages, nous sommes sur le train, le long des voies ferrées, nous vivons cette misère, nous sommes confrontés au sordide, à la peur mais aussi à la joie et la tendresse. Diego Quemada-Diez a fait avec ce film une histoire universelle sur le sort des migrants. On participe à l’entraide de ces gens qui rêvent d’un ailleurs mais aussi à l’égoïsme et la violence de ceux qui n’ont pas plus qu’eux.

« Rêves d’Or » est un film, on le comprendra, très engagé. Brandon López, Karen Martínez, les deux jeunes acteurs de seize ans ont été choisis parmi les 3000 jeunes qui se sont présentés pour le casting organisé dans le quartier le plus pauvre et le plus dangereux de la capitale. Ils sont impressionnants de justesse et de vérité. Rodolpho Domínguez, l’indien Tzotzil lui a été repéré lors d’un casting dans un village isolé dans les montagnes du Chiapas. Il possède lui aussi une véritable sensibilité artistique. Filmé en lumière naturelle, la qualité esthétique de ce film participe à des moments de fortes émotions. Diego Quemada-Diez avec son premier film qui a été sélectionné à Cannes dans la catégorie un « Certain Regard », et qui a reçu le prix d’un « Certain Talent », est un très grand moment de cinéma

Diego Quemada-Diez  cite le témoignage qu’il a recueilli d’un Mexicain, Juan Menéndez López, au moment où il allait monter dans un train de marchandises avec ses sept compagnons donne le sens de sa démarche: «On apprend beaucoup le long du chemin. Ici, nous sommes tous frères. Nous avons tous les mêmes besoins. L’important, c’est que nous apprenions à partager. C’est seulement comme ça que nous pouvons avancer, que nous pouvons atteindre notre destination, seul un peuple uni peut survivre. En tant qu’êtres humains, nous ne sommes clandestins nulle part sur cette planète». A méditer.

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

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