Personnage incontournable du Paris des 70’s, aîné de la bande des Halles, Serge Kruger – le commerçant, créateur de mode, animateur radio, DJ et polémiste – est une bible de la nuit (à sa façon).

Serge Kruger 2013

Aujourd’hui exilé à Bordeaux, Serge observe et critique le monde de manière constante. Lui, l’éternel utopiste trop honnête pour être aimé, est souvent perçu par ses contemporains comme un esprit tourmenté, un individu aigri, un emmerdeur de premier ordre. Pourtant, point de réaction chez ce flingueur de mondain, mais une idéologie trop progressive, trop décalée pour être comprise par « la masse ». Serge ne pense pas que le monde était mieux avant, il veut qu’il soit mieux demain, quitte pour cela à démystifier un passé qu’on aime souvent édulcoré. S.K. on l’aime ou on le déteste, mais le bougre a quand même organisé un concert des New York Dolls dans son appart’, et rien que pour ça, il mérite une standing ovation (on lui tirera dessus après).

Résultat : plus de deux heures d’enregistrement (le temps d’une bouffe), que j’ai découpé et réorganisé en deux parties. Lui en premier, et les autres ensuite : il faut d’abord cerner le personnage pour mieux comprendre ce qu’il reproche (ou pas) à certains. Un peu comme le ferait un psychologue taré, j’ai donc questionné Serge Kruger, histoire de saisir le pourquoi du comment de ce mec un peu spécial.

Partie I – Kruger à la loupe

 

Roads: T’aimes pas les vieilles ?

Serge Kruger: C’est pas que je n’aime pas les vieilles. Simplement, la vieillesse est une calamité abominable dont je suis moi même victime. Mes copains me disent que je suis un micheton…

J’ai une théorie concernant les vieilles : il existe un cap chez 99% des filles, c’est le cap des dix-neuf ans : avant, (très souvent) certaines sont à tomber de plaisir (les teens aux U.S.). Après, à twenty years old, elles commencent à ressembler à leurs mères, leurs nez grossissent, leurs bouches désirables deviennent ordinaires… A dix-sept ans, une fille sur deux est désirable, alors qu’à quarante, c’est une sur cent ! La nature est injuste ! Donc à part quelques exceptions… J’en connais une d’ailleurs !

 T’as peur de vieillir ?

 J’en souffre, c’est sûr : t’as moins la pèche, tu jouis moins souvent, t’es moins beau, tout pend…

 As-tu déjà été marié ?

 Oui, une fois avec une petite vénézuélienne. Ca a servi à ce qu’elle soit naturalisée en France, donc c’était bien. Le jour où je me suis marié avec elle, c’était fini… Mais je l’aime toujours !

Il y a du Dorian Gray dans le fait qu’un mec de mon âge sorte avec une fille de vingt trois ans. Au passage, à côté de ma copine, Naomi Campbell est un thon !

 La solitude t’effraie ?

Pas trop, mais quand même. Personne n’a envie de finir seul.  Le problème du passé (de la nostalgie), c’est qu’il est facile à confondre avec le rêve. A force d’accumuler les merveilles de son passé, tu penses que tu as eu raison de vivre comme cela. Mais finalement, tu envies un peu ceux qui ont refusé de jouir de l’instant, et qui ont plutôt fondé une famille dans la durée. J’ai l’impression qu’ils s’amusent mieux que ceux qui ont choisi ma voie.

Je vais probablement finir malheureux. L’autre jour, un chauffeur de taxi m’a demandé ma date de naissance (1942).

Quand je lui ai dit, il m’a répondu : « le plus dur est fait ».

Je t’explique : un philosophe à qui on a demandé : « pourquoi n’as-tu pas fondé une famille ? » a répondu : « Parce qu’avant, c’était trop tôt, et qu’après, c’était trop tard ».

Je pense que souvent, la joie des familles est un truc de façade…

J’en suis certain aussi, mais je pense quand même qu’ils sont plus heureux… La vie est simplement d’une extrême cruauté.

Aujourd’hui, tout va plutôt bien pour moi. La seule question que je me pose c’est : « que vais-je faire ? »

C’est la pire des questions si on la laisse sans réponse trop longtemps…

Je sais déjà que je ne vais pas me marier avec ma copine parce que je n’ai pas envie de me marier avec elle. Alors, que vais -je entreprendre ? Rouvrir un lieu de nuit ? Probablement pas.

 Tu cherches le meilleur chez les pires ?

 Exactement !

 Quelle est ta définition du bobo ?

Dans un bobo, il y a un mélange d’arrogance et de lâcheté, qui fait qu’ils (les bobos) se croient d’un niveau supérieur, puisqu’ils prétendent avoir atteint un statut social qui les sécurise. Ils essayent en plus de s’approprier les codes des gens branchés, pour revendiquer un éclat qu’ils n’ont pas. En gros, c’est ça un bobo : un être absolument terrifiant, genre bal des vampires. Ils ont décimé tout Paris.

Tu t’en fous, non ? Tu ne comptes pas mourir avec tout ton fric quand même ?

Je vais te confier un truc. Par une pure coïncidence (internet), j’ai rencontré une petite princesse de Dakar. Elle habite à côté de Bordeaux, et ça fait peut être partie des raisons pourquoi je suis parti là-bas. Cette fille, d’une immense beauté, a gardé un peu de la pugnacité de sa race. Une « bambara » : des gens assez arrogants, à qui on la fait pas. Quand je danse avec ma copine, on fait pas semblant, crois moi.

Pour elle, je suis prêt à dépenser un peu de pognon : cette « biatch » n’a rien contre le pognon, comme toutes les africaines, elle aime les bonnes choses ; ce que je comprends très bien.

Disquaire ou passeur de disques ?

Animateur ! J’avais la possibilité d’être bon à ce moment là, puisqu’on vivait dans une ville incroyablement diversifiée.

Pourquoi ne reviens-tu pas à Paris ?

A cause des bourgeois qui m’ont arnaqué, je n’ai pas les moyens de me payer un appartement parisien à deux millions d’euros.

Tu sais, tu peux en trouver des moins chers quand même…

Cent mètres2, c’est un minimum. A l’île aux Loups (Nogent), j’avais six cent mètres2. Tout ça pour quoi ? Pour me retrouver dans l’état de solitude dans lequel je suis déjà.

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As-tu perdu beaucoup d’amis à cause des mondanités et du Palace ?

Tout le monde. Pour me sortir de cette impasse, j’ai eu envie d’être dans des choses plus réelles, qui « groovaient » plus, donc je me suis tourné vers les immigrés. Je suis devenu animateur de soirées pour, essentiellement, des gens issus de l’immigration. Ils avaient une telle énergie et une telle joie de vivre qu’ils attiraient tous les rescapés des « branchouilleries » qui venaient finir leurs nuits chez moi.

Tu fais référence à Paca qui venait finir ses soirées à La Main Bleue ?

Un peu, mais je m’en foutais qu’il vienne, il ne payait jamais.

T’as déjà vu un journaliste payer toi ?

Non, mais les autres je les faisais tous payer (sauf mes copains).

T’as bossé au Palace pourtant !

Fabrice Emaer m’a proposé de faire les vendredis soir du Palace pendant un moment. Je passais donc de la musique black, comme d’habitude, et ça a cartonné ; c’était des soirées soleil et salsa . A force, les coiffeurs de province – la clientèle du Palace – venaient me voir parce qu’ils voulaient écouter de la disco. Ca a donc commencé à moins marcher. Un jour, Fabrice me demande d’arrêter. J’ai accepté. Sauf qu’une semaine plus tard, je me suis pointé là-bas et je vois écrit : « Soirée Soleil ». Là, j’ai pété les plombs, il m’avait volé mon idée. Emaer sautait sur place en disant : « c’est moi qui lancerai la salsa en France ».

En gros, tu reproches à Louboutin et les autres de ne pas avoir révolutionné l’humanité avec leurs créations…

Ces gens, qui étaient, à priori, dans la création d’une nouvelle conscience planétaire, sont aujourd’hui des vendus. D’abord, ça n’a pas été très bien payé pour la plupart d’entre eux, et quelque part, c’est bien fait. S’ils étaient restés fidèles à leurs valeurs premières, aujourd’hui ils seraient tous beaucoup plus riches et beaucoup plus heureux. Ils auraient surtout créé une vraie ville à Paris ; au lieu de tous partir au nom de la pseudo mondanité à la con. Ils ont tout niqué !

J’ai tenu le coup autant que je le pouvais en montant des boites etc… Mais j’ai aussi mes échecs, sanglants même ! Je n’ai jamais cherché la fortune.

Pour avoir plus ou moins connu la fortune, je peux te dire que c’est terrible. Tout d’un coup, tu te retrouves jeté dans une ambiance hyper hostile, où tous les gens autour de toi sont là pour te piquer tes ronds. Le jour où tu deviens riche, tu te mets dans une situation détestable.

Je suis partisan d’une société nouvelle, dans laquelle les richesses seraient valorisées par la gratitude des autres, où chacun pourrait claquer la portière de sa Mercedes sous les sourires et les applaudissements, plutôt que sous les crachats, comme c’est le cas aujourd’hui.

Voilà où l’on en est aujourd’hui ! Je dois partir à Bordeaux, là où les gens sont tellement malhonnêtes qu’ils ne le sont pas : ils n’essaient pas de prétendre à quoi que se soit, même s’il y a bien parmi eux quelques bobos « trompétifiants ».

Tu supportes Mélenchon ?

Oui, mais je ne suis pas du tout communiste, et lui non plus je crois. J’avais essayé de fonder un parti (l’Aristocratie Populaire), mais ça a été un bide total : je me suis contenté de perdre un million d’euros dans cette affaire. Finalement tant mieux, parce que j’aurais certainement fini avec une balle dans la tête… C’était beaucoup plus révolutionnaire que ce que propose actuellement Mélenchon !

L’aristocratie populaire, en tant que concept, admet que certains hommes gagnent vingt fois plus que la moyenne, mais elle n’admet jamais qu’il y est un seul mec à la rue. C’est tout. Gagner vingt fois plus que les autres si tu le vaux, pourquoi pas, mais gagner mille fois plus que les autres, c’est un crime. Au final, je me retrouve plus proche de Mélenchon que des autres.

T’as paumé pas mal de fric dans ta vie !

Ca m’est arrivé plusieurs fois de perdre un million d’euros. De toute façon, je suis contre la grande fortune.

Il paraît que c’est toi qui a inventé le « Slooghy « ?

La matière venait d’être inventé par un industriel espagnol. Quand j’ai découvert ça, j’ai signé un contrat d’exclusivité avec lui pour l’Europe. C’était révolutionnaire : souple et sans couture. Philippe Morillon avait même fait le mode d’emploi : « Comment enfiler le slooghy? » Le succès avait été immédiat, car je ne faisais que des choses essentielles en matière de vêtements.

Tu penses quoi de l’électro ?

C’est bon pour les étudiants de Reims qui viennent étudier à Paris. Le merengue, ça a une autre gueule quand même !

Tu n’es peut être pas blanc ?

Non, je suis noir : le contraire exact de  beaucoup de Bounty (noir de peau, blanc d’esprit).

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II. Les autres vus par S. Kruger

(Attention ! Critiques sanglantes !)

 

Yves Adrien ?

Yves Adrien a été mon pote intime pendant au moins deux ans. Il était mon ami et, pas du tout à cause de son image « novö », mais simplement parce qu’il était un pote sympa, drôle, intelligent, dragueur et surtout honnête intellectuellement et dans sa « réalité amicale » ; car sinon, dans ses écrits, il atteint les sommets du néant.

Je ne suis pas d’accord avec toi, même si, c’est vrai, je pense aussi qu’il y a pas mal de « foutage de gueule » dans son œuvre. Il y a plusieurs niveaux de lecture dans ses bouquins…

J’ai vu, il y a quelques jours, une ébauche de reportage qui s’appelle les « jeunes gens modernes », dans laquelle sont interviewées différentes personnes, dont moi, alors que je n’avais rien à foutre là-dedans. Dans ce docu, Edwige cite un passage du bouquin d’Yves : « Qu’est ce que c’est qu’être novö ? C’est s’avancer vers la mort, distant de soi-même, armé d’un instamatic à infrarouge. »

Et alors ? C’est plutôt drôle, n’est-ce pas ?

Tu rigoles ?! C’est d’une telle stupidité une phrase pareille ! C’est tellement vide, tellement pompeux !

Yves Adrien veut se montrer en public comme un mec branché, génial brillant, alors qu’en réalité, hélas, il n’a pas grand chose à dire.

 Yves, ça ronfle et c’est juste !

Pour moi, 90 % de ce qu’il a écrit, c’est du vide : il n’avait rien à dire mais il le disait bien. Lis Maldoror, tu verras que ça a quand même une autre allure, intellectuellement et littérairement. Les mecs n’ont pas attendu les années 70 pour lancer des idées fortes. Question exploration psychotique et urbaine, il n’y a pas de quoi s’extasier sur Yves : il n’a rien apporté, à part son style – plus que brillant.

Yves était une fine épais, un grand bagarreur, un bastonneur de première, et qui n’avait peur de personne. Il te terrassait d’abord intellectuellement, puis éventuellement avec une bonne droite bien placée n’importe quel joueur de rugby qui se mettait en travers de son chemin. Ce courage n’était pas étrange à mon amitié pour lui, puisque au départ de notre relation, il voulait, je crois, me casser la gueule, puis nous sommes devenus les meilleurs amis du monde. Mais il a beau être brillant et fin, je trouve personnellement qu’il n’a jamais rien eu à dire : ses histoires de novö, c’est du pipeau.

 Que devient Yves aujourd’hui ?

Il est fou à lier. Il doit toujours vivre à Verneuil je pense, sans problème d’argent… Il y a quelque temps, je l’ai croisé dans Paris : il était en train de parler à un arbre. C’est triste, quel ami ! Dès que je suis rentré dans les musiques africaines, il a flippé et je ne l’ai plus revu. On a été potes de 1972 jusqu’à environ 1976. Mais je pense qu’il ne m’a jamais trahi : Yves était une grosse pute (si on m’invite et que c’est bon, j’y vais), mais dans le bon sens du terme.

 Et Pacadis alors, c’est différent ?

Disons que lui était cash, d’une grande honnêteté dans l’insignifiance. Je l’ai connu en 1971, au moment où il sortait avec Dinah, un être merveilleux. C’était quand même un mec qui revendiquait une grande révolution mondiale. Mai 68 l’avait marqué. Nous suivions le même chemin, qui était le seul à suivre d’ailleurs.

Il avait choisi l’extrême facilité d’être un « presque clochard », et donc sa dérive a été totale. J’ai osé dire à son sujet dans un documentaire : « ce type avait toutes les audaces du monde vis-à-vis de l’autorité. Ce qui l’a tué ce n’est pas l’héroïne, mais les petits fours. » Je pense qu’il s’est suicidé de dégoût d’avoir si bien réussi commercialement. J’en suis certain. Il est mort parce qu’il a voulu se suicider : en ayant tout réussi, il a peut-être tout raté. S’il n’avait pas décliné, il serait sûrement un richissime écrivain aujourd’hui, qui écrirait dans tous les journaux à la mode.

Moi qui l’ai connu intimement, ça m’a répugné de voir qu’il écrivait des papiers sur Sylvie Vartan ou je ne sais qu’elle autre personnalité mondaine.

Ces interviews là ne sont pas toutes inintéressantes…

Il y a surtout dans ces interviews une immense trahison d’un mec génial qui a vendu son âme au show-business…

Serge, tu sais très bien qu’il ne pouvait pas rester punk ad vitam aeternam, le mouvement déclinait !

C’est justement là que mes idées divergent avec tous ces gens là. Ils ont tous retourné leurs vestes doublées de vison, comme disait Gainsbourg, alors qu’ils n’avaient pas besoin de le faire. Ils ont trahi la planète entière.

Ils sont devenus, pour la plupart, des espèces de larves mondaines qui s’échouent d’un cocktail à l’autre, subventionnées par Agnès B. où je ne sais qu’elle autre business de ce genre. . Tous ces gens là ont péché par immodestie et lâcheté.

Moi personnellement, j’ai toujours été un commerçant. En tant que tel, je me suis rendu compte que je n’étais pas forcé de plier face aux puissants rupins, et que je pouvais garder une certaine forme d’autonomie et de courage si je savais rester modeste.

Tu penses que Paca a péché ?

Il a complètement péché quand il est parti au Palace et qu’il a commencé à traîner avec Anouchka et sa bande.

Anouchka, la reine de la nuit ?

Anouchka reine de la frippe ! Ces gens là n’ont rien apporté ! Regarde la planète et ce qui s’y passe en ce moment !

Moi, j’aime les gens honnêtes. C’est pour ça que certains trucs avec Yves (Adrien) ou Alain (Pacadis) me dérangeaient. Ca me fait éjaculer de plaisir l’honnêteté : les gens honnêtes me donnent la sensation d’exister pleinement.

Ce n’est pas mon idéologie qui m’a empêché de réussir, c’est à chaque fois que je me suis fié aux bourgeois : ils m’ont systématiquement arnaqué, comme des voleurs.

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Tu n’y croyais pas en Mitterrand ?

Non, c’était un « total escroc ». Mais il a insufflé une bouffée de liberté et d’euphorie à Paris ; ça aurait été con de manquer ça ! C’est l’époque où j’ai eu ma radio libre (Radio Tchatch), qui a été par la suite rayé d’un seul coup par cette poule grotesque de Michèle Cotta. En même tant qu’il faisait ça, il mettait en haut Thierry Ardisson.

T’aimes pas Thierry Ardisson ?

Ce n’est pas que je l’aime pas : il est très bien dans ce qu’il fait…

Tu l’as connu à l’époque de « Façade » ?

Exactement, et il s’est même marié avec ma copine !

Béatrice ? Finalement aujourd’hui, aucun de vous deux n’est avec !

Je sais… Bref, Thierry a toujours été un entriste, et ce n’est pas gai d’être un entriste.

Il est un peu mondain et il ne s’en est jamais caché…

Oui, peut être… Quand on ne sait pas danser, qu’on n’a pas de vrais amis et qu’on a un pouvoir « spécial », on doit effectivement se méfier de tout le monde…

 Henry Flesh ?

Pour moi, c’est juste un conçurent, érotiquement parlant. Il ne m’a jamais témoigné la moindre amitié. Maintenant, je sais pourquoi quand je vois la vie qu’il a eu, la musique qu’il a fait, etc… On a juste souvent eu les même copines. Dommage, je le trouvais brillant… Je crois qu’il n’a jamais pu me sacquer en fait.

Tu connais Albert de Paname ?

Gentil mec. Son problème, c’est qu’il a le culte du rétro. Il aime le chic rétro, au dépend de l’authenticité. Le Balajo c’était bien, mais c’était quand même un peu les Bains Douches qui swinguaient. Ceci dit, c’est un ami commerçant que je salue.

Patrick Eudeline ?

No comment. Bidon total ! Se faire passer pour quelqu’un que l’on n’est pas en endossant les vêtements des pauvres, c’est forcement pas très gentil. C’est un mec déguisé en Pacadis, marchant de travers, alors que c’est un bourge : c’est épouvantable. Ceci dit, il ne manque ni d’allure, ni de brio dans le tête à tête…

 Jenny Bel’Air ?

Jenny et moi, on s’aime beaucoup maintenant qu’on est tous les deux sorti de « la tranché ». C’est une personne très touchante.

Paquita Paquin?

Tu trouves que c’est une réussite, toi, de courir les mondanités à mobylette?

Jean-François Bizot ?

Un faisan ! Le contraire d’un reporter. Il essayait d’imposer des modes !

 Et Actuel ?

J’ai détesté ! Il n’a d’ailleurs jamais pu sacquer ni Yves, ni Alain. Tu sais qui c’est Bizot ? L’héritier d’Henri Poulain. Et c’est avec cet argent qu’il a créé un faux journal underground en copiant les vrais journaux américains genre « Screw »,. Le pire, c’est qu’il a mis sur les pavés des milliers de gosses français qui se sont cru en Californie. Un soir où je passais de la musique dans une boite, il est venu pour me casser la gueule avec ses deux gardes du corps. A ce moment, j’étais ruiné, mort socialement, et il en a profité pour venir là. Bizot est donc arrivé avec un journal à la main dans lequel j’avais déclaré dans une interview : « Bizot est un assassin social ». On s’est engueulé, le temps que mes mecs arrivent et les sortent à coups de pieds au cul. Néanmoins, R.I.P., paix à son âme, je vais bientôt le rejoindre.

 Edwige a bossé chez toi, n’est ce pas ?

Oui, quand elle avait seize ans. Elle vivait avec moi rue des Lombards. Elle a toujours été lesbienne : elle sortait avec moi par exception, j’étais même son premier amant. J’ai connu Edwige quand elle avait quinze ans – une splendeur – à l’époque où l’on trainait au Kremlin-Bicêtre, bien avant qu’elle ne devienne la créature qu’elle est aujourd’hui. Quand le Palace a ouvert, elle s’est coupée les cheveux et elle est devenue « punk », alors qu’elle n’a jamais été plus punk que moi ! Elle est même sur les publicités de mes premiers vêtements.

Nico ?

Je suis sorti avec Nico juste après qu’elle ait fait un gosse avec Alain Delon. A l’époque elle était mannequin, complètement pétée au shilom.

Alain Soral ?

J’aime bien Soral en tant que copain. Ses idées sont dégueulasses mais bon, il est brillant et très drôle.

Je pense que c’est un petit garçon qui tape des pieds parce qu’un mec a du manquer de respect à sa mère quand il était petit…

 Tu le trouves pas un peu trop obsédé par les juifs ?

Oui, mais il ne faut pas censurer des idées qu’on trouve dégueulasses parce qu’elles ne correspondent pas aux nôtres. Je pense qu’il est sincère, et qu’il est condamné à jouer ce rôle… Au fond, il n’a peut être pas totalement tort. Par contre, depuis qu’il a admis que la violence pouvait faire partie de son action, je pense que c’est une ordure, comme n’importe qu’elle autre personne qui utilise la violence, comme moi des fois.

Tu l’as connu comment ?

Par la bande des Halles : il était pote avec tout le monde (Yves, Alain, etc…). Il traînait là bas, il draguait tout le temps.

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The End

A propos de l'auteur

Journaliste, Gribouilleur, Novö Pandore, etc...

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