Un film de Pedro Almodovar avec Carmen Maura, Antonio Banderas, Julieta Serano, Rossy De Palma et Maria Barranco. 1989 : Cinq Goyas du cinéma espagnol. Meilleur Scénario à la Mostra de Venise. Prix Européen et meilleure actrice pour Carmen Maura au Festival de Berlin. Nommé pour les Oscars en langue étrangère. Sortie le 19 août 2015 remasterisé en 4K.

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L’histoire

Ivan et Pepa, deux comédiens de doublage, prêtent leur voix aux grandes stars du cinéma et se jurent chaque matin dans la pénombre du studio un amour éternel. Mais Ivan abandonne subitement Pepa. Celle-ci va mener son enquête et découvrir la double vie de l’homme qu’elle aime.

L’avis

Un chauffeur de taxi punk, une maîtresse d’un terroriste chiite, une femme délaissée qui passe son temps en clinique psychiatrique, un jeune homme bègue et peloteur, une avocate féministe… « FEMMES AU BORD DE LA CRISE DE NERFS » se démarque dans le paysage cinématographique par sa liberté de ton, ce goût qu’a Almodovar pour les histoires sentimentales, sexuelles, aux intrigues foisonnantes et toujours efficaces. C’est avec cette comédie de mœurs, loufoque, déjantée, qu’il doit sa notoriété internationale. Tout Almodovar est déjà dans ce film : parodies des feuilletons télévisés, des romans policiers, des romans de gare, de la bande dessinée par les décors, les couleurs vives. Il affectionne ce genre de comédies et rien ne l’arrête et surtout pas la vulgarité. Il emploie toujours une pléiade d’acteurs qui se prêtent avec sérieux à ses extravagances. Aujourd’hui, grâce à lui, ils sont devenus des stars internationales.

Carmen Maura est exceptionnelle mais il faudrait citer tous les acteurs. Revoir Antonio Bandera, tout jeunot, mal dans sa peau, en puceau est amusant lorsque l’on voit l’évolution de sa carrière. C’est un film où on s’amuse beaucoup alors qu’il traite de problèmes pas si comiques que cela. On est dans une comédie à l’italienne où rien n’est plus drôle que le malheur des autres. Avoir commencé son film avec Ivan et Pepa doublant la célèbre scène de « Johnny Guitar » entre Joan Crawford et  Sterling Hayden: « Don’t Go away – Tell me something nice – Sure what do you want to hear – lie to me, tell me all these years, you’ve waited, tell me – all these years, I’ve waited – tell me  you’d have died, if I hadn’t come back », dialogue culte, prouve la cinéphilie d’Almodovar à l’instar d’un Tarantino et que   « FEMMES AU BORD DE LA CRISE DE NERFS » est bien plus profond que veut le faire penser, au premier abord, Almodovar. Il va à partir de ce film s’imposer comme l’un des cinéastes les plus importants de la movida espagnole. Un must!

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

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