The Salvation, un film de Kristian Levring avec Mads Mikkelsen, Eva Green, Jeffrey Dean Morgan, Mikael Persbrandt, Jonathan Pryce et Eric Cantona. En salle le 27 août.

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Le pitch :

1870, Amérique. Lorsque John tue le meurtrier de sa famille, il déclenche la fureur du chef de gang, Delarue. Trahi par sa communauté, lâche et corrompue, le paisible pionnier doit alors traquer seul les hors-la-loi.

L’avis :

Un western, c’est des grands espaces, des bad guys, des coups de revolver, de la violence, des cavalcades et un héros qui, seul face à une communauté qui se tait, va se batte contre des méchants. Kristian Levring est sûrement tombé petit dans le genre et nous le prouve avec ce long-métrage. Il se régale et nous régale aussi. Ici pas de temps mort, de l’action, encore de l’action et toujours de l’action. Il y a du soleil, de la pluie, des tempêtes de poussières quand il faut. Avec The Salvation  on retrouve le bon vieux western qu’on a aimé, ceux de John Ford, de Sergio Leone ou encore de Sam Peckinpah. Mais attention, on n’est pas dans la copie conforme, dans l’hommage servile. Le scénario est malin, la mise en scène inventive et on tombe sur des trouvailles réjouissantes. Néanmoins pour que la machine tourne à plein régime, il faut avoir des acteurs à la hauteur, et surtout qui croient à ce qu’ils jouent. Et avec ce casting, on est servi. En tête « l’énorme » Mads Mikkelsen. Il est de ce genre de type qui peut tout jouer… Dans ce western, il campe un bon fermier émigré danois comme il y en avait de nombreux aux Etats-Unis. A travers tous les malheurs qui vont lui arriver il va trouver la force et l’habilité de débarrasser son bled, qui ne le mérite pas, de la bande de salauds qui y règnent. Et en chef il y a le superbe méchant Jeffrey Dean Morgan. Il est le plus tordu de tous les tordus qui puissent exister à l’Ouest. On se souvient de sa prestation dans Watchmen, dans lequel il était impressionnant. Là il atteint le summum de la méchanceté (il vaut presque Henri Fonda dans Il était une fois dans l’Ouest). La surprise ? C’est Eva Green dans son rôle de muette, qui avait d’ailleurs déjà fait couple avec Mikkelsen dans Casino Royale. L’erreur ? C’est Eric Cantona qui ne bénéficie d’aucune crédibilité en bras droit de Morgan. Il apparaît peu et c’est tant mieux. Toute l’ambiance du western est accompagnée par une musique efficace de Kasper Winding et une photo magnifique de Jens Schlosser. Et Non. Le western n’est pas mort. Kristian Levring le fait vivre encore.

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

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