Un film de Marjane Satrapi avec Ryan Reynolds, Gemma Arterton et Anna Kendrick. Sortie le 11 mars 2015.

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« The Voices », c’est un slasher à aller voir en famille. Bon ok, y’a un peu de sang et ça charcute de ci de là mais Jerry, le héros, sait rester un gentleman. Il dit pardon après chaque coup de couteau et prend soin de ranger les morceaux de corps de sa victime dans des petits tupperwares. Propre et organisé quoi. Il se dit même qu’au fond, elles vont se sentir un peu seules maintenant qu’elles sont mortes, faudrait prendre leurs têtes et continuer à leur parler. Il est comme ça Jerry, il a un cœur immense. On lui pardonnerait tout avec son air d’imbécile heureux.

Moi qui n’avait jamais pu prendre Ryan Reynolds au sérieux, je dois avouer qu’il est parfait avec son sourire à la fois crétin et flippant, il incarne Jerry à la perfection, poussant la dualité de son faciès au maximum. C’est un gamin qui vit dans un monde aseptisé, tenues de travail roses et danses d’élévateurs à l’usine. Comme disait une grognasse à la sortie de la projo : « ça fait animation quand même » en grimaçant. Ouais, rien ne nous semble réel et même le chat parle. « The Voices » a entièrement lieu dans la tête de Jerry, maître d’un monde qu’il modèle à sa façon avec un chien et un chat comme avatars de sa conscience mise à rude épreuve. Le problème c’est que ça commence à faire beaucoup, les têtes dans le frigo, le chat, ajoutez à ça un trauma d’enfance lourdingue et « The Voices » va vite virer à l’analyse psychologique de mes burnes, digressant sur un seul et même décalage qui finit par tomber à plat. On a compris, il n’est pas vraiment responsable de ses actes et on l’aime bien au fond. Un concept qui peine à se renouveler sur la longueur, et perd en route la poésie naïve de son personnage dans une noirceur malvenue.

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