Un film de Dome Karukoski. Avec Pekka Strand, Lauri Tikanen, Jessica Grabowsky. Sortie le 19 juillet 2017

 

L’Histoire

Touko Laaksonen,(1920-1991) officier héroïque de la Seconde Guerre mondiale, est de retour en Finlande. Mais la vie à Helsinki n’est pas de tout repos. La persécution contre les homosexuels est insidieuse les contraignant le plus souvent à se marier et avoir des enfants. Touko trouve alors refuge dans l’art dessinant dans le plus grand secret des hommes musclés, désinhibés et fiers d’être gays.

L’Avis

« Tom of Finland est l’histoire d’un homme en avance sur son temps qui se rebelle avec courage contre un monde lui interdisant d’être lui-même, c’est-à-dire un homme homosexuel avec des fantasmes homosexuels. L’histoire raconte la trajectoire de cet homme, qui, à lui seul, va provoquer un changement dans le monde » Telle est l’explication qu’en donne, de son film, le réalisateur Dome Karukoski. C’est ce qu’il montre très précisément à l’écran dans ce biopic original, magnifiquement interprété par le trio Pekka Strand, Lauri Tikanene et Jessica Grabowsky. Grâce à ses « petits dessins cochons », comme aimait le dire Touko Laaksonen, la communauté homosexuelle s’est décomplexée et des hommes se sentirent moins honteux de leurs phantasmes. On comprend, grâce au film, que la fascination de Touko pour les uniformes qui n’étaient pour lui qu’une source d’oppression (la guerre, les brimades contre les homos, la prison..), détournés, sont devenus une source de franche gaité, de plaisirs érotiques. Dome Karukoski montre comment Tom of Finland est devenu, sans s’en rendre compte, une sorte de porte drapeau de la communauté gay et comment ses dessins ont influencé des millions de personnes ! Si aujourd’hui les vêtements cuir, les bottes, les casquettes sont devenus l’uniforme de la communauté gay, c’est Tom of Finland qui en est la cause ! Il a montré qu’un homme gay pouvait être viril ! Pierre & Gilles, Freddy Mercury, Holly Johnson, Rob Halford (Judas Priest), Roger Mapplethorpe ont subi cette influence. Ses dessins pornos qui étaient vendus « sous le manteaux » sont exposés aujourd’hui comme des « œuvres d’art » et Touko Laaksonen a définitivement perdu son nom imprononçable. Grâce à ce film c’est tout un pan de la société actuelle que l’on découvre ; la liberté de l’expression artistique et la manière de s’assumer, c’est là que réside la réussite de ce film,

 

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

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