« Tourisme sioniste extrême »: Un camp de vacances pour apprendre à tuer des terroristes

Arthur Beaufils 22/06/2012 0

En Israël, c’est généralement des touristes religieux qui se déplacent à Jérusalem. D’autres veulent plutôt profiter d’un bout de Californie au Proche-Orient grâce à Tel-Aviv. Mais un autre marché existe, celui du tourisme anti-terroriste

Terrorist1 Tourisme sioniste extrême: Un camp de vacances pour apprendre à tuer des terroristes

On connaissait un surprenant « tourisme de guerre » en Ukraine où les gens qui ont toujours rêvé de tirer au RPG ou bien de s’éclater avec un char d’assaut trouvaient leur bonheur.

Les Israéliens vont encore plus loin. Depuis cinq ans, des anciens membres de l’armée israélienne dispensent des formations miliciennes aux vacanciers à Caliber 3, un camp de tir au sud de la ville trois fois sainte de Jérusalem. Il n’est donc plus simplement question de se divertir avec des armes, ils apprennent à leurs clients à organiser un combat, des plans d’attaques ou bien à « gérer » des prises d’otages.

Le site internet de la société annonce fièrement et sans détour la couleur : « Nous combinons ainsi les valeurs du sionisme avec l’excitation et la jouissance du tir, qui rend l’activité plus significative ».   »Du fait de notre connaissance de ce programme de tir, les participants vivent un apprentissage différent et très original qui ne peut être expérimenté nulle part ailleurs, sauf sur le champ de bataille » peut-on encore lire. On se croirait presque dans un stage pakistanais d’un camp d’entraînement d’Al-Qaïda.

Jusqu’où iront les nationalistes Israéliens ?

Caliber 3 se veut décidemment « branché », toujours sur le site, on découvre avec effroi leurs intentions, « la tendance du tourisme israélien la plus chaude de l’été ». « Le fait que l’attraction touristique soit située au-delà de la Ligne verte [qui sépare Israël et la Cisjordanie] ne fait qu’intensifier le plaisir pour les visiteurs, qui sont souvent déçus lorsqu’ils sont informés par leurs guides qu’ils ne sont pas en danger ».

En clair, c’est une éventuelle chasse aux palestiniens qui fait l’objet d’un business lucratif et bien organisé. Selon Ynet News, des cibles d’entraînement en carton sont qualifiées de « terroristes ». Instructeur de choix, le guide favori du camp serait un ancien commando qui a participé à l’opération d’Entebbe, lors de la prise d’otages d’un vol Air France en 1976. Les participants sont ébahis lorsque « Shay fait la démonstration de la meilleure façon d’attraper un assaillant et présente une grande variété de fusils et de ceintures d’explosifs ».

Un diplôme sera remis à la fin du stage, ce dernier précise  que les participants ont « complété un cours de tir dans une base en Israël ». Toute la famille peut venir s’entraîner à jouer à la vraie guerre. Michel Braun, un américain, est venu avec sa tribu, « Cela fait partie de leur éducation, (…) afin qu’ils sachent d’où ils viennent, et bien sûr avoir un peu d’action ». Pour Brian, 14 ans, c’est une éducation pour le moins particulière, « Ta maman ne sera pas là pour te protéger, donc conduis-toi comme un homme. Es-tu prêt à attraper un terroriste ? », « Oui, je suis prêt », répondra le pré pubère, armé selon le site d’un faux revolver.

« Tourisme sioniste extrême » 

Le Times d’Israël utilise le terme de « tourisme sioniste extrême » à propos de Caliber. On ne connaissait pas l’existence d’un tourisme sioniste modéré ou encore pacifique.

Sharon Gat, le directeur de Caliber 3 n’est pas peu fier concernant son offre, « Des touristes en provenance du monde entier viennent ici pour rencontrer des anciens membres des unités d’élite et écouter leurs histoires. Il s’agit d’un programme spécial créé en raison d’une demande. »

Le Monde rappelle que le « tourisme lié à la terreur » n’est pas nouveau dans l’état hébreu. L’agence de tourisme IU30 propose aussi depuis de nombreuses années des leçons de tirs aux vacanciers. . La « Mission Ultime de lutte contre le terrorisme en Israël » organise des randonnées autour d’installations militaires avec des rencontres avec des instructeurs. Selon David Pearl, un responsable politique local, ces activités sont des « bijoux touristiques ».

 

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