Pris à la gorge et incapables de se hisser à la hauteur du rendez-vous, les Bleus se sont inclinés, vendredi soir, en barrage aller en Ukraine (2-0). Un cauchemar, qui éloigne l’Equipe de France de la Coupe du monde. Il faudra un miracle mardi prochain.
France-Ukraine

Le Brésil semble loin. Vu de Kiev, il paraît désormais inaccessible. Le doux rêve de participer à la Coupe du monde semble avoir pris du plomb dans l’aile ce vendredi soir. Face à une équipe ukrainienne ô combien vaillante, les Bleus n’ont jamais été en mesure de répondre au défi physique imposé par les locaux. Plus entreprenants, plus combatifs, les Ukrainiens se sont logiquement imposés (2-0) sur leur pelouse et ont déjà un pied à Rio. Tout sauf une surprise au vu de leur prestation.

K.O. technique

Dès les premières minutes de la rencontre, le ton est donné. N’en déplaise aux puristes, ce match sera avant tout un combat. Surpris par l’excès d’engagement des locaux, les Bleus sont sonnés et balbutient leur football. En face, les Ukrainiens – galvanisés par leur public – font preuve d’une grande discipline et neutralisent les rares attaques tricolores. Préféré à Mathieu Valbuena dans le schéma en 4-2-3-1, Samir Nasri est à l’image de ses coéquipiers : clairement en manque d’idée. Seuls Pogba et Matuidi semblent en mesure de répondre au combat proposé et surnagent en cette première période.

De moins en moins timides, les Ukrainiens profitent de l’apathie française pour s’offrir des contres. Car, si les hommes de Mykhaylo Fomenko sont irréprochables en terme de combativité, ils ne sont pas en reste techniquement. Brillants mêmes, notamment grâce au trio Edmar, Yarmolenko et Konoplyanka, qui met au supplice une défense tricolore plus que friable. Poussé par un public qui se met à y croire, les Ukrainiens concrétisent leur temps fort sur une action rondement menée à la 60ème min. Les Bleus sont K.O. debout. Moment choisi par Didier Deschamps pour faire entrer Sissoko à la place de Rémy. Un choix qui résume les piètres intentions françaises du soir. Répondre au défi physique par une réplique du même acabit. Un combat perdu d’avance au pays des frères Klitschko.

Euphoriques, les Ukrainiens se font de plus en plus dangereux tandis que les rares incursions françaises sont vaines. La faute, entre autres, à un Ribéry muselé par deux, si ce n’est trois défenseurs, et qui s’obstine à vouloir être l’homme providentiel. Pris dans l’étau ukrainien et frustrés, les Bleus sont de plus en plus hésitants. Jusque là impérial, Koscielny symbolise cette frustration française sur l’action qui amène le penalty. Dépassé, le défenseur d’Arsenal commet l’irréparable dans la surface de réparation. Yarmolenko ne se fait pas prier pour transformer la sentence. 2-0.

La soirée tourne même au cauchemar lorsque Koscielny se fait justice lui-même dans les arrêts de jeu, usé psychologiquement par l’agressivité des locaux. Une exclusion qui fait office de détail mais qui en dit long sur l’incapacité française du soir à faire face à une équipe qui paraissait pour beaucoup, il y a quelques semaines encore, comme le meilleur tirage possible.

Dès lors les donnés sont simples. La France doit réaliser ce qu’aucune équipe n’a jamais réussi à faire dans l’histoire des barrages de la Coupe du monde : remonter un handicap de deux buts. Une chose est sûre, la France est dorénavant prévenue. L’Ukraine a des atouts à faire valoir. N’en déplaise à Karim Benzema, le poncif de la « meilleure équipe sur le papier » est à ranger dans les tiroirs. Le deuxième round au Stade de France sera un nouveau combat, qui à défaut de se gagner par K.O. devra se gagner aux points. A Didier Deschamps, de sortir de conservatisme et d’oser. Enfin. La France, n’est jamais aussi forte que lorsque elle est dos au mur. A elle de le prouver une fois de plus pour se donner le droit d’aller au Brésil. Ou du moins pour n’avoir aucun regret.

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Journaliste Sportif

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