Un film de Sidney Gilliat avec Rex Harrison, Cecil Parker, Key Kendall, Nicole Maurey, Jill Adams, Roma Dunville, Valérie French, Ursulla Howells, Margaret Leighton. Sortie le 3 mai 2017 version restaurée (1955).

 

L’histoire :

Dans une chambre, un homme reprend conscience. Frappé d’amnésie, il entreprend, avec l’aide d’un spécialiste, d’exhumer son passé. Mais ce qu’il découvre n’est pas vraiment agréable. Marié à une ravissante et tendre femme, il comprend avec effroi que ce passé est bien trouble et que marié maintes fois, on le recherche activement… pour polygamie !

L’Avis :

Ici, au Royaume-Uni, la guerre des sexes à l’américaine n’aura pas lieu ! Les Anglaises qui ont connu ce bel homme (Rex Harrison est irrésistible, il sera le pygmalion d’Hepburn dans « My Fair Lady ») sont prêtes à rempiler, même s’il leur avait caché sa sex-tuple vie ! Le film est construit par accumulation, une sorte de répétition à l’excès des scènes de couple.

Ici, pas question d’un banal donjuanisme, la présence féminine dans la vie de monsieur X (il ne connait pas son nom au début du film) est plutôt une angoisse (peut-être que son amnésie est un refuge ?). Le film rappelle le film de Keaton « Fiancées en Folie » même si l’on n’a pas cette course folle des prétendantes ! Charles Hathaway épouse de nouveau pour échapper à la précédente, chaque épisodes prêtent à rire (on est à la limite de la caricature d’où un comique de situations). Le choix de Rex Harrison n’est pas innocent ; cet acteur très élégant, a joué au théâtre Henri VIII en 1948 et en 1952 ; sa réputation de briseur de cœurs l’avait fait surnommer Sexy Rexy ! Vrai homme à femmes il s’est marié six fois ! Alors qu’il était marié à Lilli Palmer, il eut une liaison avec l’actrice Carole Landis qui se suicida…Sa carrière américaine en fut affectée.

Le slogan du lancement du film était : « Il bat Henri VIII d’une femme…constamment inconstant ». A la question de « Qui suis-je » se demande le monsieur X au début du film en se regardant dans sa glace (un beau clin d’œil à « Noblesse Oblige »), le film n’y répondra pas ; il y aura confusion, même si à la fin, au prétoire, la loi essayera de retourner à un certain ordre moral. L’avocate aura cette formule incroyable pour défendre Charles-Rex : « L’homme physique n’est pas l’homme mental ! ». La prison ne sera pas pour lui une délivrance de la gente féminine, car il est si irrésistible que son avocate en sera toute émoustillée! Pas de réel happy end pour ce mari presque fidèle. Charles – Rex est son identité masculine prend l’eau même s’il règne encore sur la gente féminine. « The Constant Husband » certes est une comédie mais avec une vision profondément pessimiste du couple, ce lien conjugal qui étouffe les hommes et que les femmes mettront quelques années pour ne plus s’y soumettre.

 

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

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