Un film de Clovis Cornillac avec Clovis Cornillac, Mélanie Bernier, Lilou Fogli, Philippe Duquesne, Grégoire Œstermann, Oscar Copp, Borris Terral et Manu Payet. Sortie le 6 mai 2015

UN PEU BEAUCOUP AVEUGLEMENT PHOTO3

Le pitch

«Machin» est un Géo-Trouvetou asocial qui prend un malin plaisir à faire fuir tous les locataires habitant juste derrière le mur de son appartement. Il ne supporte qu’Artus, son meilleur ami, de plus en plus affligé par le comportement de son ami. Débarque alors une jeune femme à lunettes, timide et musicienne. L’inventeur va tout tenter pour la faire déguerpir. Ils communiquent, sans se voir, à travers le fameux mur très mal insonorisé. Contre toute attente, ils finissent par s’apprivoiser. Elle lui ment sur son physique, et lui se fait passer pour un Italien ténébreux. Elle finit par avoir un rendez-vous avec un italien qu’elle prend pour son voisin. Les quiproquos s’enchaînent…

L’avis

Clovis Cornillac avec cette jolie comédie sentimentale, ce premier film réussi, parle, tout en nous amusant, de comment détruire le mur de nos intransigeances, de nos égoïsmes, du respect de l’autre, du vivre ensemble, des thèmes profonds, sociaux. On n’est pas loin de la comédie à l’italienne. Le mur a souvent été un prétexte tant au cinéma qu’au théâtre – « Le Pigeon » de Monicelli, Themroc de Faraldo, la pièce d’Amanda Sthers (on est pas loin du plagiat ?) –.

Le film se résume dans le mot qu’essaye de bien prononcer Machine avec la chanson d’Otis Redding et que Machin lui fait répéter correctement derrière le mur : « R-E-S-P-E-C-T, find out what it means to me. R-E-S-P-E-C-T ».

De par sa mise en scène, on sent que Cornillac a voulu que tout soit tiré au cordeau ; que les décors, les accessoires, la photographie, les places de caméra soient irréprochables. C’est du bel ouvrage et ce couple Machin/Machine entraîne une irrésistible empathie.

La révélation du film est bien sûr Mélanie Bernier dans une caricature d’une jeune femme coincée qui va se libérer totalement grâce à la musique classique. On l’avait appréciée dans des petits rôles, dans « Populaire », « Dans le Bonheur des Ogres », ici son tempérament de comédienne à multiples facettes éclatent littéralement. Cornillac lui à la gueule de l’emploi même s’il a dû jouer le rôle parce qu’il est banquable. On se doit de citer Lilou Fogli, Philippe Duquesne, dans de vrais rôles secondaires, sans lesquels toutes bonnes comédies ne pourraient exister. Un plus ce film ne dure qu’une heure trente. Une heure où le réalisateur respecte son public, ce qui est rare dans les comédies françaises.

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