Vincent Peillon, le ministre de l’éducation, a mis en garde l’enseignement catholique contre « toute stigmatisation homophobe » dans les écoles, lors de débats programmés au sujet du mariage gay. La polémique au sujet du mariage pour tous est une nouvelle fois relancée.

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Alors que la droite accuse le gouvernement de « rallumer la guerre scolaire » en opposant encore une fois l’enseignement catholique privé à l’enseignement public, M. Peillon s’est expliqué, ce lundi, sur RTL. « Je promeus depuis des années dans ce pays une laïcité ouverte, qui n’est pas antireligieuse » s’est-il justifié, pour ensuite assurer « qu’il n’y aura pas de guerre scolaire ». 

Il y a un mois,  la lettre du secrétaire Eric de Labarre aux chefs d’établissements proposait d’organiser des débats dans le cadre scolaire. Dans ce courrier adressé le 12 décembre, Eric de Labarre avait écrit : « chaque école, collège ou lycée peut prendre les initiatives qui lui paraissent localement les plus adaptées pour permettre à chacun l’exercice d’une liberté éclairée à l’égard des choix aujourd’hui envisagés par les pouvoirs publics« .

Vincent Peillon a affirmé être « très respectueux du caractère propre de l’enseignement catholique. Mais, en retour, cet enseignement, qui est sous contrat avec l‘Etat, doit respecter le principe de neutralité et de liberté de conscience de chacun. Il est du devoir de l’Etat d’être garant du respect de ces principes« . « N’oublions jamais que nous avons affaire à des adolescents et que les tentatives de suicide sont cinq fois plus fréquentes chez les jeunes qui se découvrent homosexuels que chez les autres« , a-t-il conclu.

Polémique à droite

Un avis qui n’est pas partagé par Valérie Pécresse, ancienne ministre de l’Enseignement supérieur, qui dénonce une « gouvernance par le clivage ». « La notion même de débat a sa place dans l’école de la République » a-t-elle déclaré, ce lundi, sur Europe 1. Partageant le même point de vue, Gérard Larcher, sénateur UMP des Yvelines, a déclaré « En tant que laïc, je pense qu’il y a la nécessité d’un débat devant la société« , a-il déclaré sur i>Télé, avant d’ajouter que « l’école peut-être un lieu de débat ».


« Police de la pensée »

Le syndicat de l’enseignement privé Fep-CFDT a exprimé son soutien à la mise en garde de Vincent Peillon. « Ce courrier est d’une virulence qu’il a rarement eue sur d’autres sujets de l’enseignement privé comme les embauches et les conditions de travail mais cette virulence nous convient », a déclaré à l’AFP Francis Moreau, chargé de communication du Fep-CFDT, qui est majoritaire parmi les enseignants du privé. Cet appel au débat se justifie, d’autant que l’enseignement catholique « a toujours montré jusqu’ici que la politique éducative et sexuelle n’était pas sa tasse de thé », juge le représentant syndical.

Dans son entretien hebdomadaire accordé à Radio Notre-Dame, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la conférence des évêques France a souligné l’importance pour l’école de pouvoir demeurer un lieu de débat. « Si l’école ne peut pas être un lieu de débat pour les parents, s’il n’y a aucun lieu de débat possible, à ce moment-là ce n’est plus la peine de parler de réflexion, ni d’échange respectueux les uns des autres », a-t-il souligné. [Dans ce cas,] il faut dire qu’il y a une doctrine officielle et une police de la pensée. » Il a estimé qu’un directeur d’établissement était libre d’organiser une réunion sur un tel sujet, qui ne relève en rien, selon lui, du « caractère propre » de l’enseignement catholique, reconnu depuis 1958 par la loi Debré.

Le projet du gouvernement s’annonce d’ores et déjà plus compliqué à faire passer que prévu, tant l’engagement massif et déterminé de l’Eglise catholique, appuyée par l‘UMP contre le mariage pour tous est virulent et soutenu par une importante partie de la population.

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