Un film de Carlos Saura avec Jose Antonio Valdelomar, Hesus Arias, José Maria Hervas Roldàn. Sortie le 3 mai 2017 en version restaurée (Ours d’Or au Festival de Berlin 1981).

L’histoire :

Pablo, Meca et Sebas vivent de petits coups, qui leur permettent de prendre du bon temps. Maigres profits, mais pour de maigres besoins ; et l’amitié passe avant tout. Un soir, après un braquage de voiture, ils rencontrent Angela, serveuse dans un bar.
Angela découvre rapidement la vie dangereuse mais indépendante que mène le trio. Elle aime le danger et le luxe. Petit à petit, la bande s’habitue à une vie facile et, de petits larcins en hold-up, s’enfonce dans le grand banditisme.

L’Avis :

Carlos Saura pose ici une regard très critique, sceptique, sur la société espagnole après  la mort de Franco ; sous ce dernier il filmait par métaphores cette société à l’idéologie conservatrice, nationale-catholique hypocrite ; il avait maille à partir avec la censure du régime. Avec « Vivre Vite » il renoue avec le film-enquête ; aucune concession n’est faite. Tout est filmé comme un reportage ; ici tout est brutal, le sujet, la réalisation, la photo, le cadre où se déroule l’action. Les jeunes vivent dans une banlieue, dans un désert, où se dressent des immeubles. La vie n’a aucun sens et la mort también ! C’est un film coup de poing ! Pour Saura c’est un film romantique, ces rebelles ressemblent à ceux du XIXème siècle qui se maintenaient hors de la société et rejetaient ses normes. En rébellion contre elle ils en étaient le produit ; ils sont les enfants d’une Espagne qui manquent de repère après des années de répression de la dictature franquiste. La symbolique du train qui passe devant cette citée en est une parfaite métaphore, montrant la marginalité socioéconomique de cette jeunesse et ce manque de moralité qu’a créé l’Espagne. Le film date de 1981 ! Il est d’une extrême acuité par rapport à nos sociétés actuelles. Le type de vie que mène ces jeunes, faite de violence, de crimes ne peut hélas mener qu’à la tragédie ! Les acteurs, non professionnels, sont étonnants de vérité, ils ne jouent pas ils sont ! Ils font froid dans le dos !

Au bout de la fiction, la mort. Pessimisme ? Lucidité ? Telle est la question que Carlos Saura pose ici avec talent.

Il a résolu son problème, il ne fait plus que des films musicaux !

Pour la petite histoire, deux des acteurs principaux ont été arrêtés pour des faits criminels au cours du tournage, provoquant de vives réactions dans leur pays !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.