« Lilting », la langue de la pudeur
Lilting, un film de Hong Khaou avec Ben Whishaw, Cheng Pei Pei, Andrew Leung, Morven Christie, Naomi Christie et Peter Bowles. Sortie le 15 octobre 2014. Critique.
Le pitch :
Londres. Dans une maison de retraite, Junn, une mère sino-cambodgienne pleure la disparition de son fils, Kai. Son deuil est dérangé par l’arrivée soudaine de Richard. Elle ne sait pas ou ne veut pas savoir qu’il a été le compagnon de Kai. Ils ne parlent pas la même langue mais, aidés d’une interprète, vont essayer de communiquer dans le souvenir de celui qu’ils ont aimé.
L’avis :
Lilting est le premier long-métrage de Hong Khaou. Et il a mis la barre très haut, tant au point de vue du scénario que de la mise en scène et de la direction d’acteur. Le film, est un mélodrame avec des moments assez touchants, habilement entrecoupé par de vraies scènes de comédie qui ôtent le côté pesant de l’histoire. L’incommunication de la langue est un thème rare au cinéma, et ici, il est le concept même du film. Une grande tendresse, une pudeur, s’en dégagent. L’amour filial, l’amour entre deux jeunes hommes, l’amour entre deux personnes âgées et la difficulté de les faire partager sont racontés en se moquant de la chronologie. De la première image à la dernière, on est totalement pris par la manière dont Hong Khaou filme cette femme qui ne veut pas s’ouvrir au monde qui l’entoure. Cette femme, c’est l’icône asiatique Cheng Pei Pei, une légende du cinéma des arts martiaux qui lui donna le statut de reine du Wu Xia Pian (Tigre et Dragon). Elle incarne Junn avec force et retenu et ne tombe jamais dans le pathos. L’amant de son fils est interprété par Ben Whishaw, le John Keats de Bright Star de Jane Campion, Q de Skyfall, et sera le futur Freddy Mercury de Dexter Fletcher. Whishaw est très émouvant dans ce rôle. Il participe avec justesse à ce film d’une qualité rare.



Commenter